Réflexions martiales

La compétition est-elle une étape indispensable à sa pratique martiale?

Depuis l’antiquité, les hommes se confrontent dans des guerres, des batailles ou des combats au corps à corps.

De notre histoire Européenne, on connait tous les exploits des gladiateurs romains, des chevaliers du Moyen-Age, des  lutteurs ou boxeurs de la Grèce Antique , notamment lors des fameux Jeux Olympiques.

Survie, exploit ou compétition, il n’y a donc qu’un pas.

Mais, jusque là, nul ne se posait de questions sur ces pratiques. C’est la survie qui prime. La paix n’existant pas, tout est prétexte pour montrer sa force. C’est dans l’entrainement, la confrontation et la force physique qu’on travaille et nul question de mental là dedans.

Tous s’entendent pour dire que les Arts Martiaux  ont pour origine principale les Arts de Chine comme la boxe chinoise qui influença tellement les autres pays asiatiques qu’il en découla une multitude d’autres Arts Martiaux qui se perfectionnèrent, lentement, avec étude et précision, afin de créer leurs propres écoles.

Mais, c’est son côté intellectuel, qui distinguera l’Art Martial de l’Art du combat.

C’est le travail seul, la dureté et la difficulté à résister aux conditions climatiques et aux guerres, qui a du amener l’homme à se préparer physiquement et mentalement à résister, à s’endurcir, à être plus fort par l’esprit, à trouver de nouvelles armes qui va pouvoir lui apporter la force de continuer. C’est à travers la méditation, le contrôle de soi, des exercices respiratoires que va se développer la notion de Zen.

Certes, les arts martiaux ont fait évoluer l’art du combat vers des disciplines plus strictes, avec un code d’honneur, un travail sur le corps et l’esprit, intimement liés. Mais l’évolution de certaines disciplines ne perdent-elles pas cette voie?

Depuis que le Karaté, le Judo, le Kung fu, le Vietvodao, … et bien d’autres, sont pratiqués en Europe et ailleurs dans le monde, se sont développés et transformés  ce qui représentait la base et l’essence des disciplines martiales. Les grades, le côté sportif, la compétition, sont apparus. Ces notions ne font pas parties de la pratique telle qu’elle était enseignée en Asie.

Il a fallu s’adapter à la mentalité Européenne afin de pouvoir développer ces disciplines, qui, je vous le rappelle était autrefois transmises dans le plus grand secret de quelques personnes à quelques personnes triées sur le volet.

Bien sûr, la confrontation au combat réel a toujours été de mise, et quand il n’y avait pas de guerre, il y avait toujours un maître ou un pratiquant pour aller se confronter à l’école adverse afin de tester sa valeur martiale. Cela finissait souvent par la mort. Jusqu’à il y a peu, encore, cela était monnaie courante.

Aussi, on peut comprendre l’envie de la confrontation qu’on retrouve dans la compétition. En effet, comment comprendre ce qu’est un art de combat sans la mise en pratique du combat? On ne le peut pas, à mon humble avis. Cependant, comme nous ne sommes plus à l’époque féodale, aller se confronter à d’autres, est plus que répréhensible par la loi.

La compétition est donc une alternative comme une autre.

Il faudrait, pour ma part y apporter de profonds changements dans les règles. J’ai été souvent très déçue de voir combattre des sportifs de haut niveau ( c’est comme cela qu’on les appelle, et non pas des maîtres!) sur des championnats et de ne  voir que quelques techniques qui sont toujours les mêmes (2 poings et 1 pied ou inversement). Il y a tellement de richesse dans la technique, pourquoi on ne s’en tient donc qu’à la touche? Aucun de nos compétiteurs aujourd’hui ne serait capable de tenir un combat pour sa survie, et je trouve ça dommage.

Bien entendu, le côté sportif et développement personnel est important et chacun a sa propre vision de sa pratique et de son envie d’évolution. Mais je pense qu’il ne faut pas oublier les valeurs de ce qui a fait la force des Arts Martiaux, le code martial, la discipline, l’honneur, la maitrise et le dépassement de soi, le respect, et surtout, rester humble.

Pour avoir fait de la compétition, certes à petit niveau, mais dans 2 catégories, en kata et en combat, je trouve tout de même important d’en passer par là, pour faire évoluer sa pratique. Cela discipline plus son entrainement, cela donne un objectif à atteindre, et surtout, aide à surmonter le stress, le trac de se retrouver devant des dizaines, voire des centaines de personnes qui posent le regard sur nous et nous jugent pour ce que l’on va faire. Cette adrénaline va stimuler son travail. Il est aussi important d’apprendre de ses erreurs et de relativiser le fait d’avoir gagné ou perdu.

Pour ma part, je pense que c’est un bon moyen de se confronter à d’autres et se mettre en position de stress ne peut être que stimulant pour son esprit. Cela permet de se focaliser sur certaines techniques qui vont être travaillées à fond vers un objectif. Il est nécessaire d’avoir connu la compétition, afin de pouvoir ensuite avoir cette connaissance, surtout si on enseigne, car c’est une des particularités de la discipline.

Cependant, faire évoluer son parcours vers le Budo et une pratique riche et diversifiées de techniques est pour moi le plus important. C’est ce qui fait la différence entre le sportif, le pratiquant et le maître.

A chacun d’essayer de trouver dans quelle direction on veut aller, à chacun de suivre son propre chemin.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s